Qu'est-ce que la résistance aux herbicides

Qu’est-ce que la résistance aux herbicides?

La résistance aux herbicides se définit comme étant la capacité d’une plante à survivre et à se reproduire après son exposition à un herbicide efficace. Des méthodes qui ont pourtant fait leurs preuves dans le passé ne fonctionnent plus autant qu’avant. Et la situation ne fera que s’aggraver à moins, bien sûr, de diversifier. 

Types de résistances aux herbicides

(disponible en Anglais seulement)

Les mauvaises herbes peuvent-elles développer une résistance à plus d’un herbicide ou à plus d’un groupe d’herbicides ?

Les mauvaises herbes peuvent être résistantes à un seul groupe d’herbicides ou à deux groupes ou plus d’herbicides. Les deux expressions « résistance en fonction du site » et « résistance métabolique » sont le plus souvent utilisées pour décrire le type de résistance des mauvaises herbes à l’activité d’un herbicide :

Les herbicides fonctionnent comme un mécanisme de sécurité avec clé : en désactivant des enzymes importantes chez les mauvaises herbes, ils les « verrouillent » littéralement. Toutefois, si l’enzyme modifie sa forme, l’herbicide pourrait ne pas être en mesure de se lier à l’enzyme pour la désactiver. Et c’est à ce moment-là qu’un herbicide arrête de fonctionner contre cette mauvaise herbe en particulier.

Voici quelques examples (du plus facile au plus difficile) :

  • Résistance Résistance à un herbicide Résistance simple aux herbicides
    Biotype résistant à un seul herbicide. (exemple : la mauvaise herbe résiste à l’ingrédient actif X appartenant au groupe {A}, mais pourrait toujours être sensible à l’ingrédient actif {Y}, appartenant également au groupe {A})
  • Résistance croisée Résistance croisée aux herbicides Résistance croisée aux herbicides
    Biotype résistant à deux ingrédients actifs ou plus, appartenant au même groupe d’herbicides. (exemple : la mauvaise herbe résiste à plusieurs ou à tous les ingrédients actifs du groupe {A}, mais pourrait toujours être sensible à des modes d’actions d’autres herbicides.
  • Résistance multiple Résistance multiple aux herbicides Résistance multiple aux herbicides
    Biotype résistant à deux groupes ou plus d’herbicides. Ceci est peut-être le résultat de deux mécanismes de résistance différents ou plus. (exemple : la mauvaise herbe résiste aux herbicides des groupes {A} et {B})

La résistance métabolique empêche les herbicides d’atteindre leurs sites cibles (généralement les enzymes) en :

  • réduisant l’absorption ou la translocation de l’herbicide,
  • en détoxifiant l’ingrédient actif de l’herbicide,
  • en stockant l’herbicide dans un site cellulaire qui n’est pas sensible à l’ingrédient actif ou
  • en réparant les tissus endommagés.

Les mauvaises herbes résistantes aux herbicides présentent-elles quand même des symptômes de dommages par un herbicide ou apparaissent-elles indemnes ?
Malheureusement, les deux situations peuvent se présenter. Habituellement, vous ne serez en mesure d’identifier des populations résistantes qu’au moment où vous constaterez des échecs répétés suivant l’application du même produit ou de produits du même groupe d’herbicides, en repérant des poches de mauvaises herbes ayant survécu au traitement. Par exemple, si vos observations confirment que l’efficacité de cet herbicide a diminué au cours des trois dernières années, vous avez sélectionné des biotypes résistants.

 

Évolution de la résistance aux herbicides

Aujourd’hui, dans le cadre de notre lutte contre la résistance aux herbicides, il est important d’en identifier la source et de savoir comment le problème s’est développé au cours des dernières décennies. Comme vous l’avez certainement constaté, les mauvaises herbes résistantes sont en progression au Canada.

« Augmentation the la Résistance »

Le Canada est encore en bonne position pour gérer efficacement l’apparition de résistance, mais il est crucial que tous les producteurs prennent des mesures maintenant. Le problème nous concerne tous et c’est tous ensemble que nous trouverons des solutions simples et pratiques pour contrôler la résistance et assurer à nos exploitations agricoles un avenir productif, durable et rentable.Autre sujet d’inquiétude : il n’y a aucune demande de brevet pour de nouveaux herbicides à l’horizon.

Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier !

Depuis 2005, il n’y a eu aucune demande de brevet pour un nouvel herbicide. Et développer un nouveau groupe d’herbicides peut prendre jusqu’à 14 ans. Au bout du compte, nous ne pouvons nous contenter d’attendre tout simplement le développement du prochain groupe d’herbicides; d’ici là, nous pouvons certainement agir. Il est temps de diversifier nos systèmes actuels, nos outils et nos approches afin de nous assurer qu’ils conservent leur efficacité à long terme.

Baisse du nombre de demandes de brevet
patent-chart
 

Les mauvaises herbes résistantes au Canada

Le tableau suivant regroupe les mauvaises herbes résistantes dont la présence a été constatée partout au pays.

Mauvaise herbe Groupe(s)
Bourse-à-pasteur Groupe 2
Céraiste Groupe 2
Crépis des toits Groupe 2
Folle avoine Groupe 1, Groupe 2, Groupe 8
Gaillet gratteron Groupe 2, Groupe 4
Kochia à balais Groupe 2, Groupe 9
Laiteron Groupe 2
Neslie paniculée Groupe 2
Ortie royale Groupe 2, Groupe 4
Renouée liseron Groupe 2
Saponaire des vaches Groupe 2
Sétaire verte Groupe 1, Groupe 3
Tabouret des champs Groupe 2

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Mauvaise herbe Groupe(s)
Amarante à racine rouge Groupe 2
Bourse-à-pasteur Groupe 2
Céraiste Groupe 2
Chénopode blanc Groupe 2
Folle avoine Groupe 1, Groupe 2, Groupe 8
Gaillet gratteron Groupe 2
Ivraie de Perse Groupe 1
Kochia à balais Groupe 2, Groupe 9
Moutarde des champs Groupe 2
Sétaire verte Groupe 1, Groupe 3
Soude kali Groupe 2
Tabouret des champs Groupe 2

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Mauvaise herbe Groupe(s)
Amarante à racine rouge Groupe 2
Amarante de Powell Groupe 2
Céraiste Groupe 2
Folle avoine Groupe 1, Groupe 2, Groupe 8
Gaillet gratteron Groupe 2
Kochia à balais Groupe 2, Groupe 9
Moutarde des champs Groupe 2, Groupe 4, Groupe 5
Ortie royale Groupe 2
Persicaire pâle Groupe 2
Sétaire verte Groupe 1, Groupe 2, Groupe 3
Tabouret des champs Groupe 2

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Mauvaise herbe Groupe(s)
Amarante à racine rouge, amarante hybride (aussi connue sous le nom d’amarante de Powell), morelle noire de l’Est, herbe à poux Groupe 2
Amarante hybride (aussi connue sous le nom d’amarante de Powell) Groupe 7
Amarante hybride (aussi connue sous le nom d’amarante de Powell), amarante à racine rouge, petite herbe à poux Groupe 5
Carotte sauvage Groupe 4
Chénopode strié, moutarde sauvage, séneçon vulgaire Groupe 5
Chou gras (chénopode blanc commun) Groupe 5
Échinochloa pied-de-coq, sétaire glauque, panic capillaire Groupe 5
Vergerette du Canada (aussi connue sous le nom de queue de cheval) Groupe 22
 

Comprendre les modes d’action

En 1997, les herbicides étaient regroupés en différents groupes, selon leur mode d’action ou leur façon de détruire les mauvaises herbes. Aujourd’hui, selon la Weed Science Society of America, il existe 29 groupes différents d’herbicides.

« Les bonnes vieilles méthodes »
ne fonctionnent plus comme avant.

Dans les groupes d’herbicides, on retrouve souvent plusieurs produits et plusieurs marques. Les produits d’un même groupe ont des modes d’action similaires et même parfois identiques. Certains groupes sont formés de plusieurs produits alors que d’autres n’en contiennent que quelques-uns. Et parfois, un groupe n’en contient qu’un seul parce que cet herbicide possède un mode d’action unique. Par contre, un produit peut appartenir à plus d’un groupe d’herbicides lorsqu’il contient plus d’un ingrédient actif

 

Comment se propagent les populations de mauvaises herbes

Dans vos champs, les mauvaises herbes peuvent avoir la même apparence extérieure, mais à l’intérieur, le processus qui s’y déroule peut très bien différer. On parle alors de « biotypes » et certains de ces biotypes peuvent avoir développé une résistance à certains groupes d’herbicides. Si chaque année les mêmes groupes d’herbicides sont utilisés à répétition dans le même champ, les biotypes résistants survivront.

Rapprocher la rotation des cultures peut favoriser le développement de la résistance aux herbicides

Produire la même culture trop souvent implique l’utilisation répétée du même programme d’herbicide. Cela revient à utiliser le même herbicide du même groupe à répétition plutôt que d’effectuer une rotation avec des herbicides possédant des modes d’action différents. Puisque les mêmes groupes d’herbicides peuvent être utilisés pour les cultures produites habituellement dans votre secteur, la même population de mauvaises herbes sera donc exposée à répétition au même groupe d’herbicides, ce qui favorise le développement de la résistance.

Surutilisation des modes d’action.
Les herbicides imposent une très forte pression sélective à une population de mauvaises herbes résistantes. Par exemple, un herbicide efficace contre la folle avoine contrôlera toute la folle avoine d’un champ, sauf les quelques plantes résistantes. Au départ, l’herbicide semble avoir si bien fonctionné qu’il peut être tentant d’en répéter l’utilisation. Après plusieurs années, l’usage répété d’un même herbicide ou d’un même groupe permet aux mauvaises herbes résistantes de grener, de se multiplier et de s’établir à demeure dans tout un champ. Une fois établies dans un champ, en y passant la moissonneuse-batteuse, le cultivateur ou même la planteuse ou le semoir peut contribuer à la propagation de ces mauvaises herbes résistantes.

Ne laissez pas vos mauvaises herbes devenir de nouvelles semences.

Dépôt de graines de mauvaises herbes
Contrôler les mauvaises herbes avant qu’elles ne produisent des graines contribue à réduire la propagation des plantes résistantes. En fait, il ne faut jamais laisser les mauvaises herbes de votre champ atteindre le stade de la grenaison.

(disponible en Anglais seulement)

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